LES DIVERS  ELEMENTS

 

 

    La ligne Maginot, c’est avant tout du béton et de l’acier. En effet ces deux composants principaux étaient présents partout dans la ligne et représentaient une grande quantité, ce qui la rendit pour ainsi dire invincible et donc était prête à faire face à une éventuelle offensive de l’adversaire .

    Ces deux composants étaient ainsi présents dans quatre éléments de la ligne.

 

1. La casemate d’intervalle :

    La casemate d’intervalle était généralement située entre deux ouvrages   (P.O ou G.O). Elle servait en quelque sorte à boucher l’intervalle entre deux ouvrages d'où son nom.

    Ces casemates étaient indépendantes, c’est à dire qu’il n’y avait aucune liaison avec des abris sauf dans le cas de casemate double.  

 

Casemate C.O.R.F. (Edling)

Casemate C.O.R.F. (Edling)

Remarquez le projeteur blindé servant à éclairer le réseau anti-char

    2. Les abris d’intervalle:

    Les abris d’intervalle étaient destinés à abriter des troupes manœuvrant entre les ouvrages d’une part et les PC d’autre part.

    Ces abris étaient soit enterrés soit en surface pour bénéficier de la protection naturelle du terrain. De ce fait la dalle de béton était calculée en fonction de la nature du terrain. La défense rapprochée se composait d’une ou deux cloches G.F.M  sur les dessus et de créneaux F.M sur la façade arrière. 

 

Abri de Bockange avant restauration

Abri de surface

Abri de Bockange avant restauration

 

 

Abri de Bockange après Restauration

Abri de surface

Abri de Bockange après restauration

(Renseignements auprès de l'Association Abri-PC-Bockange, 

tel: 03-87-35-72-39)

Le traditionnel fossé diamant courait le long  des entrées. Celles ci étaient séparées lorsqu’il s’agissait d’un abri caverne alors que les abris de surface ne formaient qu’un bloc à deux  entrées. L’alimentation en courant électrique étaient assurée par un groupe électrogène de faible puissance.  

 

Abri caverne de Métrich

             Abri type caverne (Abri de Métrich)

3. Les observatoires :

    Les observatoires pouvaient revêtir diverses formes allant de la casemate bétonnée à la simple guérite.

    L’observatoire type se compose en général d’une cloche observatoire V.D.P. et d’une cloche G.F.M.  

Cloche GFM (casemate d'Edling)

Cloche G.F.M.

(Casemate d'Edling)

Cloche VDP (ouvrage du Sapey)

Cloche VDP avec vue sur la vallée de la Haute-Maurienne

(B3 ouvrage du Sapey)

    Ils sont généralement situés en hauteur et en retrait de la ligne de feu, ils assurent la surveillance des secteurs échappant à la vue des observatoires d’ouvrage. En raison de leur situation géographique ils restent néanmoins difficiles à neutraliser.


4. Les ouvrages :

    Pour assurer à la ligne fortifiée la puissance de feu voulu, et la possibilité d’une riposte tous azimuts, il s’avéra nécessaire de construire des ouvrages, permettant de varier les possibilités d’armement et de se défendre quelques soient les circonstances.

    Ces ouvrages sont en fait classés en 5 catégories suivant leur importance et le nombre d’hommes qui les servaient.

    En fait, on peut ramener cette classification en deux catégories en fonction de leur armement:

            - Les ouvrages d’infanterie;

            - Les ouvrages d’artillerie;

ou plus communément petits ouvrages (PO) et gros ouvrages (GO)

 * Classification en 5 catégories ou classes :

        - Classe 1 :

      Gros ouvrages comprenant un armement fixe et un équipage moyen  de 600 hommes.

 - Classe 2 :

  Ouvrage moyen comprenant un armement mixte et un équipage moyen de 450 hommes.  

Entrée mixte (ouvrage du Sapey)

Entrée mixte d'un ouvrage Alpin 

(Remarquez les supports d'antenne en façade et la cloche GFM à créneaux décalés, afin de s'adapter au relief)

        - Classe 3 :

  Petit ouvrage comprenant un armement mixte ou ouvrage moyen d’infanterie et équipage moyen de 150 hommes.

        - Classe 4 :

   Petit ouvrage d’infanterie et équipage moyen de 80 hommes.

        - Classe 5 :

  Ouvrage d’infanterie monoblocs ou très petits.

    Initialement, les ouvrages d’infanterie et d’artillerie devaient présenter un aspect relativement semblable, à savoir une ou plusieurs entrées en retrait par rapport à la ligne de feu ainsi que plusieurs blocs. En fait ce programme fut à peu près respecté, en ce qui concerne les gros ouvrages, mais au contraire pour les petits ouvrages, il s’est avéré qu'un certain nombre d’entrées ou de blocs ont disparu lors de la construction et ce, notamment pour les ouvrages d’infanterie. Ce qui a pour effet de ramener le nombre d’ouvrages d’infanterie à la taille de simples casemates (ex: Einseling, Téting,  Coume annexe Nord...)

 

        4.1. Les ouvrages d’infanterie :

    L’ouvrage d’infanterie type se compose en principe d’une entrée en retrait et de deux ou trois blocs d’infanterie.

    Sous terre, au pied de l'entrée, se trouvent les principaux organes de l’ouvrage: Caserne, Usine, Cuisine... Cependant des galeries relient les blocs de combat à l’entrée.  

Bloc d'infanterie avec réseau anti-char (B6 du Four à Chaux)

Bloc d'infanterie avec le réseau anti-char

(B6 du Four à Chaux)

    Mais pour des raisons de crédit, à priori insuffisant on verra disparaître l’entrée qui sera alors assimilée à un bloc de combat qui se trouvera sur la ligne de feu ... De plus certaines galeries se verront disparaître entraînant ainsi l’isolement de certains blocs, qui de ce fait seront réduits à des casemates d’intervalle. Enfin certains ouvrages se verront monoblocs.

Bloc d'infanterie (B4 ouvrage du Latiremont)

Bloc d'infanterie

(B4 de l'ouvrage du Latiremont)

4.2. Les ouvrages d’artilleries

    L’ouvrage d’artillerie se présente sensiblement sous le même concept que l’ouvrage d’infanterie initial, mais à une échelle plus grande.

    En surface, on trouve à l’avant les traditionnels blocs d’infanterie qui assureront la défense rapprochée, mais en plus, en retrait de ceux-ci un ou plusieurs blocs d'artillerie. A l’arrière, les entrées seront en principe au nombre de deux: une entrée Homme et une entrée Munitions, relativement éloignées des blocs de combat (parfois plus de 2000 m ).

Bloc d'artillerie, B1 ouvrage de Métrich 

Bloc d'artillerie

(B1 ouvrage de Métrich)

    Dans les dessous, nécessairement plus étendus que ceux des ouvrages d’infanterie, on trouvera casernes, usines et magasins divers (munitions, artifices, vivres, ...). En raison de l’éloignement entre l’arrière et les blocs de combat, l’emploi d’un train électrique intérieur sera nécessaire.

    L’équipage affecté au service d’un tel ouvrage sera directement en rapport avec la taille de cet ouvrage et pourra varier de 250 à 1040 hommes.