AVANT-PROPOS
:
“ LES PLACES FORTES SONT UTILES POUR LA GUERRE
OFFENSIVE COMME POUR LA GUERRE DÉFENSIVE. SANS DOUTE QU’ELLES NE PEUVENT PAS
SEULES ARRÊTER UNE ARMÉE. MAIS ELLES SONT UN EXCELLENT MOYEN POUR RETARDER,
ENTRAVER, AFFAIBLIR ET INQUIÉTER UN ENNEMI VAINQUEUR ”.
NAPOLÉON Ier
Monument André Maginot (Verdun)
La fortification est aussi ancienne que la guerre, et la guerre remonte aux origines de l’homme.
Le premier habitant de caverne qui eut l’idée d’obstruer avec une pierre ou un tronc d’arbre a fait de la fortification sans le savoir.
Lorsque, vers 246 avant Jésus-Christ, l’Empereur de Chine décida de couvrir les provinces septentrionales contre les attaques des Huns en construisant ce qui allait devenir la “ Grande Muraille ”, longue de 6.000 kilomètres, il lança l’idée et donna l’exemple de la première fortification continue et permanente de l’Histoire. Il la croyait inviolable, tout comme plus tard, Antonin le Pieux et Adrien, empereurs romains, ayant à résoudre le même problème de défense d’une frontière contre un envahisseur innombrable, étaient soutenus par le même espoir.
En vain, les assaillants traversèrent la muraille de Chine, percèrent les murs d’Antonin et d’Adrien.
Entre ces premiers “ grands murs ” à la Ligne Maginot, il y a qu’une différence de construction, mais la fonction reste la même.
En outre, quelque soit le système adopté, palissade, mur, château-fort, forteresse, ou ligne fortifiée (lignes Hindenburg, Maginot, Siegfried, mur de l’Atlantique), il n’y a pas d’exemple dans l’histoire que même en y mettant de la volonté (et parfois le temps) un assaillant déterminé ne soit parvenu à franchir (ou le rendit inutile en le contournant).
Cette évidence a été trop souvent méconnue en France, où l’invasion de 1940 et ses tragiques conséquences ont amené le public à penser que le gigantesque travail accompli pour l’édification de la Ligne Maginot n’a servi à rien. Le pays, surpris par le désastre et sa rapidité, jeté sur les routes par l’exode, privé de nouvelles et plongé dans le désespoir, n’a rien connu des combats héroïques qui se sont livrés dans et autour des ouvrages. Il n’a rien su des conditions exactes qui ont entraîné le repli de nos troupes de forteresse, ainsi que la capture de nos ouvrages, pour la plupart intacts, et alors que l’armistice était intervenu parfois depuis plusieurs jours.